12 UI/L ou 40 UI/L : une simple différence sur un résultat d’analyse peut faire basculer l’interprétation, surtout lorsqu’il s’agit du foie des femmes. Derrière ces chiffres, une réalité médicale moins linéaire qu’il n’y paraît. Les valeurs de SGPT légèrement supérieures chez la femme, en dehors de toute pathologie hépatique évidente, compliquent souvent l’interprétation médicale. Les normes biologiques, établies à partir de populations masculines, ne reflètent pas toujours la réalité féminine. Des variations hormonales ou des situations physiologiques spécifiques modifient parfois les résultats, sans pour autant signaler une maladie.
Certaines causes d’élévation échappent au dépistage classique ou restent banalisées lors du suivi. Pourtant, une surveillance adaptée permet d’éviter des complications et d’ajuster la prise en charge à chaque profil.
Transaminases SGPT : comprendre leur rôle, les valeurs normales et les particularités chez la femme
Les transaminases jouent un rôle central dans le fonctionnement du foie, et parmi elles, la SGPT (aussi appelée ALAT) attire toute l’attention. Présentes à l’intérieur des cellules hépatiques, ces enzymes contribuent au métabolisme des acides aminés. Leur présence dans le sang, à un taux plus élevé qu’attendu, signale souvent une altération des cellules du foie, bien avant que d’autres signes ne se manifestent.
Pour la femme, la question des valeurs normales de transaminases mérite une attention particulière. Les repères tournent autour de 7 à 35 UI/L pour la SGPT, mais chaque laboratoire fixe ses propres bornes. L’influence hormonale est réelle : grossesse, contraception orale, ménopause… autant de phases où le taux peut fluctuer, sans traduire une maladie sous-jacente.
Autre aspect à ne pas négliger : les spécificités féminines exigent une lecture nuancée d’une élévation modérée des transaminases. Certaines périodes de la vie, gestation, allaitement, peuvent modifier le fonctionnement du foie et influer sur le dosage enzymatique. Pour affiner l’analyse, le ratio entre SGPT et ASAT (aspartate aminotransférase) oriente le clinicien : un rapport supérieur à 1 ne porte pas le même sens qu’un rapport inversé.
Impossible d’ignorer le poids de l’obésité, du syndrome métabolique ou des variations hormonales sur le taux de transaminases dans la population féminine. Lire un bilan hépatique demande donc de croiser les données biologiques avec l’histoire et le contexte de chaque patiente.
Quand s’inquiéter d’un taux élevé et comment assurer un suivi adapté pour préserver sa santé hépatique ?
Un taux de transaminases SGPT durablement élevé chez une femme ne devrait jamais être ignoré. Quand la valeur dépasse deux fois la limite supérieure de la normale, et que cela se confirme sur différents prélèvements, il est temps d’explorer en profondeur. Certains signes attirent l’attention : fatigue tenace, jaunissement discret de la peau ou des yeux, douleurs sous les côtes à droite… mais parfois, aucun symptôme n’accompagne la découverte, sur une prise de sang de routine ou lors d’un bilan hépatique avant une intervention.
Voici les principales causes à passer au crible :
- Une infection virale du foie, aiguë ou chronique (hépatites B, C…)
- Une stéatose hépatique, souvent liée à un surpoids ou un diabète
- Une consommation d’alcool qui dépasse les recommandations
- Des antécédents familiaux de maladies du foie à explorer avec sérieux
Pour cerner la cause, plusieurs examens sont envisagés : bilan viral, échographie abdominale, recherche de troubles métaboliques. La démarche ne s’arrête pas à la prescription : elle implique un suivi rapproché, une adaptation du mode de vie, l’arrêt des substances toxiques pour le foie et une gestion attentive des facteurs comme l’obésité ou le diabète.
Trois axes concrets peuvent améliorer le bilan hépatique :
- Miser sur une alimentation diversifiée, riche en fibres, en limitant les sucres rapides et les graisses saturées
- Intégrer une activité physique régulière, en tenant compte de ses capacités et de sa condition
- Réduire la consommation d’alcool et éviter tout médicament sans avis médical
Le suivi hépatique doit s’adapter à chaque femme, sous contrôle médical, afin de prévenir l’évolution vers des affections chroniques, voire des complications majeures comme les cancers du foie. L’enjeu, c’est de ne pas passer à côté d’un signal précoce, tout en évitant la surmédicalisation inutile. Prendre soin de son foie, c’est aussi miser sur la durée : chaque résultat d’analyse devient alors une opportunité de réagir, d’ajuster, de rester actrice de sa santé.


